UN AUTRE POINT DE VUE, MOI ÇA ME VA BIEN

Une étude publié par

Les bénéfices du vin pour la santé sont évidents
Cher lecteur,

Le rapport 2011 de l’Institut national du cancer (Inca), sur le vin est, une fois de plus, déprimant :

« Tous les types de boissons alcoolisées ont le même effet », est-il écrit page 2 :
« Toutes les boissons alcoolisées (bière, vin, champagne, alcools forts…) augmentent le risque de cancers. Le facteur qui compte est la quantité d’alcool (d’éthanol) pur consommée ».
Et pan sur les bouteilles que j’accumule pour le mariage de mes enfants – et dont je prélève fréquemment des échantillons pour éviter toute mauvaise surprise le jour J.

Heureusement pour vous, l’équipe de Santé & Nutrition est allée vérifier les sources de l’Inca, qui se croit autorisé à prendre des positions sur l’alcool aussi péremptoires… et désagréables.

Les résultats de notre enquête sont nets : une fois de plus, les marchands de peur essayent de nous affoler pour rien. Pire que ça, il se pourrait même qu’ils nous poussent à adopter un comportement nuisible à notre santé, en nous interdisant le vin.

Les experts de l’INca se fondent sur deux analyses, l’une du World Cancer Research Fund de 2007, l’autre du National Cancer Institute des Etats-Unis de février 2009. Or non seulement ces deux analyses ne disent pas vraiment ce que rapporte l’Inca sur l’alcool, mais  elles n’intègrent pas les résultats de la grande étude Canceralcool du docteur Dominique Lanzmann-Petithory, de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris et de l’université de Bordeaux. Ce que l’Inca se garde bien de préciser.

L’étude Canceralcool en effet, possède un très fort degré de crédibilité. Rendue publique le 11 mars 2009, elle a été réalisée pour déterminer les relations entre la consommation de différentes boissons alcoolisées (vin, bière ou alcools forts) et la mortalité. Les auteurs cherchaient notamment à répondre aux trois questions suivantes :

- A partir de quelle quantité de différentes boissons alcoolisées le risque de décès par cancer de la prostate, du côlon, du poumon, du sein augmente-t-il ?

- Y’a-t-il des différences selon les boissons alcoolisées ?

- Existe-t-il une dose de certaines boissons alcoolisées qui protège contre certains cancers ? (Je vous donne tout de suite la réponse à celle-ci, cher lecteur : oui, le vin protège de plusieurs formes de cancers.)

Afin de répondre à ces trois questions, donc, le docteur Lanzmann-Petithory et son équipe ont suivi une cohorte de pas moins de 100 000 personnes examinées au centre de médecine préventive de Nancy entre 1978 et 1985 dont la mortalité a été documentée jusqu’en 2005. Les volontaires répondaient à des questionnaires sur leurs habitudes de vie qui ont permis aux chercheurs d’évaluer leur consommation d’alcool. Ils ont ainsi pu déterminer parmi les volontaires ceux qui préféraient le vin, définis comme ceux pour qui le vin représente plus de la moitié de la quantité d’alcool consommée.

Qu’ont trouvé les chercheurs ? Que la consommation de vin diminue la mortalité chez les hommes. « La préférence vin, dit le Dr Lanzmann-Petithory est associée chez les hommes avec un risque significativement plus bas de mortalité prématurée de toutes causes ».

Les hommes qui consomment surtout du vin ont un risque de mortalité prématurée de toutes causes diminué de 25%. Ce risque est réduit de 23% pour la mortalité par cancers et de 26% pour la mortalité cardiovasculaire. Un résultat à afficher dans toutes les bonnes salles à manger.

Attention, ce n’est pas vrai pour les autres types d’alcool :

Plus la consommation d’alcool est élevée (en g/kg poids), plus le risque de mortalité par cancer augmente. Mais je répète que les hommes à « préférence vin », quelle que soit la dose d’alcool, ont un risque significativement plus bas de mortalité par cancers : -16%.

C’est notamment le cas pour les cancers du poumon, de la cavité buccale, du pharynx et du larynx. Le risque de mortalité par cancer pour le rectum/anus et la vessie est également diminué mais ces résultats ne sont pas tout à fait significatifs.

Le risque de mortalité par cancer du côlon, de l’estomac, du pancréas, du foie, de la prostate n’est pas relié à la préférence vin (résultats non significatifs).

Chez les femmes, les résultats sont moins enthousiasmants, mais néanmoins rassurants : le vin n’augmente pas le risque de cancer (contrairement aux autres formes d’alcool) :

Parmi les 39 561 femmes de l’étude, celles qui consomment beaucoup d’alcool ont un risque significativement plus élevé de mortalité par cancers : +27% pour celles qui consomment 0,7g/kg et par jour par rapport à celles qui en consomment 0,3 g/kg et par jour . Le risque augmente de 46% au-dessus de 0,7g/kg d’alcool par jour.

Celles qui témoignent une préférence vin n’ont pas de risque augmenté, mais le résultat n’est pas significatif. De la même façon, le risque de mortalité par cancer du sein augmente avec la dose d’alcool mais n’est pas relié à la préférence vin.

Précision amusante : selon la directrice de l’étude, le docteur Dominique Lanzmann-Petithory,  l’effet protecteur du vin contre le cancer chez les femmes est incertain car, quand les questionnaires pour évaluer la consommation d’alcool ont été mis au point, le seuil le plus bas a été fixé à un quart de litre par jour, soit 2 verres de vin.

Eh oui, jusqu’en 1985, boire moins de deux verres par jour était considéré comme… ne pas boire du tout.

« Or chez les femmes il est très probable que de nombreux effets protecteurs interviennent en deçà de ce seuil », explique l’auteur.

En matière de cancer, il faut donc distinguer un effet « alcool » d’un effet « vin », ce que d’ailleurs d’autres études ont déjà montré.

Alors pourquoi le vin ne se comporte-t-il pas comme l’alcool ? Le vin contient deux substances aux actions contrastées, avance Dominique Lanzmann-Petithory. D’une part l’alcool, qui augmente le risque de cancer, d’autre part le jus d’un fruit, le raisin, dont on sait qu’il diminue le risque de cancer. Il semblerait que les effets bénéfiques des fruits l’emportent sur les effets délétères de l’alcool, puisque la consommation de vin diminue le risque de cancer. « L’effet fruit semble l’emporter sur l’effet alcool », résume Dominique Lanzmann-Petithory.

Dans le détail, l’effet protecteur serait probablement lié aux polyphénols contenus dans le vin. Ces composés sont en effet connus pour leur action protectrice, en particulier sur les muqueuses digestives. Comme argument en faveur de cette hypothèse, Dominique Lanzmann-Petithory souligne que les cancers dont le risque est diminué par la consommation de vin sont les mêmes que ceux dont le risque est diminué par la consommation de fruits.

« En tout cas boire du vin est associé avec une diminution du risque de cancer », conclut Dominique Lanzmann-Petithory.

A votre santé !

Jean-Marc Dupuis


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