Monaco Info – Janvier 2014


France 3 National du Samedi 3/01/2014


Iwineresto au Quebec

Article de Virginie Mauvoisin pour Le Journal des Entreprises (décembre 2013)
Iwineresto La carte des vins sur tablette créée par le sommelier rennais séduit les restaurateurs. Pas seulement ici. Il a signé des contrats à Monaco et… au Québec !
« Le personnel d’un restaurant n’est pas forcément formé à la connaissance des vins », constate Christophe Boisselier, sommelier rennais ayant travaillé notamment chez Léon le Cochon ou à la Hublais, en passant par Alain Passard (Paris). Bouillonnant d’inventivité pour faire connaître son terroir et sa passion, celui qui a lancé la restauration nomade en triporteurs (eaty.fr) s’est attaqué au numérique. Avec Christophe Essirard, il a créé IWineresto, une carte des vins interactive sur tablette tactile. Chaque restaurant crée la sienne, l’associe à sa cave et à sa cuisine. Le concept est original, dans le vent, pratique. Et vante un produit complexe. Résultat : il séduit les restaurateurs, d’abord rennais comme Léon le Cochon, Félix, Le Cours des Lices ou La Réserve.
Des débuts à Monaco
Au total, Iwineresto compte une centaine de restaurants clients à travers la France, et s’ouvre désormais les portes du monde. « Nous avons signé avec un premier client à Monaco, Le Quai des Artistes, un restaurant-brasserie », annonce Christophe Boisselier.Il faut dire que le sommelier a fait les choses en grand, en proposant son application en sept langues. Utile pour la principauté, qui accueille une clientèle internationale. Et depuis novembre, Iwineresto a traversé l’Atlantique. « Un sommelier canadien qui a une société de formation et de conseil en vin devient notre distributeur officiel là-bas », poursuit Christophe Boisselier, qui a également des projets en Belgique. Et le potentiel est énorme : rien que 330.000 points de restauration en France.

90€ par mois
Le sommelier vend ainsi son application par abonnement (90€ par mois). Le restaurant lui communique sa carte des vins, ses menus, et c’est lui qui se charge de trouver les accords parfaits, les suggestions, en lien avec son client. Quand le consommateur utilise la tablette, il n’a plus qu’à entrer son choix de menu et le sommelier virtuel lui fait des suggestions, en fonction aussi des autres choix de la table. « On constate une augmentation de 7 à 25 % du chiffre d’affaires grâce à ce produit, constate le chef d’entreprise. Car dans le doute, le client choisit d’habitude souvent le moins cher ! »
Une web app pour tous au printemps

Dans la même veine, Christophe Boisselier a prévu de développer une web app pour le grand public. « Elle donnerait des conseils en fonction du menu que l’on fait à la maison, avec possibilité de commander son vin auprès d’un caviste partenaire qui vous livrera », détaille Christophe Boisselier. Mise en ligne prévue au printemps.Enfin, avec une dizaine de restaurateurs rennais, le sommelier voudrait mettre en place un service de commande en ligne. Eaty.fr et ses triporteurs se chargeraient d’aller chercher les plats dans les restaurants et de les livrer à domicile… Mais pour lancer ses idées, Christophe Boisselier a avant tout besoin d’investisseurs. À bon entendeur !

Le sommelier numérique


Philippe Pacalet


Du Vin en Bretagne

Paru dans GOUTS D’OUEST d’Olivier Marie

Cela ne vous a certainement pas échappé, à l’exception du Muscadet, la Bretagne n’est pas une terre viticole ou de pauvre facture. Vous pensez qu’il en a toujours été ainsi ? Petit retour en arrière avant de finir par une dégustation…

On a découvert un pressoir à Piriac-sur-mer dans la région de Guérande, près d’une ferme dont l’origine remonterait entre le 1er  et le 3eme siècle. Le cidre n’étant produit que beaucoup plus tard (et accéléré au 16ème siècle par Colbert), on suppose qu’il s’agit du premier pressoir à vin connu dans la région. Mais l’histoire du vin et de la Bretagne a rapidement tourné court. Suite au refroidissement climatique du 10eme siècle et aux décrets royaux des 17eme et 18eme siècles défavorables à la production de vins en Bretagne, la vigne a pratiquement disparu de la péninsule à l’exception du vignoble nantais, lié aux activités du port de Nantes. Le phylloxéra s’est chargé de sonner le glas de la vigne en Bretagne, même si quelques pieds perdurent encore ici ou là. La production de vin à titre commercial y est interdite.

Le degré d’alcool privilégié à la finesse…

La consommation de vin se développe entres les 2 guerres et c’est dans les années 50 qu’il devient boisson de table. Dans les cafés, les marins et les ouvriers trinquent «à la tournée de rouge», les femmes le coupant parfois avec de la limonade. Certains l’allongent «à l’eau» pendant le repas, car l’offre de vins, qui arrive pour une grande partie par bateau, est constituée de vins algériens, du Languedoc et d’Italie. Le degré d’alcool étant privilégié à la finesse. Et puis avec le temps, le breton devient plus exigent et par la mer arrive le vin de Bordeaux, surtout de Saint-Emilion et par la terre les vins d’Anjou et de Saumur. Depuis les années 60 la consommation de vin en Bretagne diminue, comme dans le reste du pays d’ailleurs. Elle est en augmentation très légère chez les jeunes malgré une consommation majeure de bières et spiritueux.

Alors que la législation européenne autorise l’ouverture de nouvelles exploitations viticoles à titre familial (moins de 10 ares), la France n’a pas octroyé ce droit officiellement mais semble tolérer ces petits vignobles. Il est toutefois clair que la législation européenne, comme la législation française, interdit toute nouvelle production de vin à titre commercial en Bretagne ou ailleurs.

200 viticulteurs en Bretagne ?

Malgré tout, la Bretagne compterait de 100 à 200 viticulteurs en dehors du vignoble nantais, du Nord de la Loire jusqu’à Quimper sur les coteaux du Braden et de la presqu’île du Rhuys jusqu’à Renac prés de Redon en passant par le Val de Rance. Sans oublier, le vin de Rennes, la cuvée du Haut Quineleu dans le quartier Sainte Thérèse, où il reste de la vigne plantée par les ouvriers des ateliers de la gare il y a près de 80 ans.

Une de mes grandes surprises de dégustation fut la découverte, dans la cave d’un particulier dont nous avions acheté la totalité des vins, d’une caisse de Muscadet 1961 et de quelques magnum de 1971. Mes connaissances de l’époque et ma jeunesse me disaient que ce serait un bon vin pour la cuisine et que ce n’était même pas la peine d’y mettre le nez. Et puis la curiosité me fit ouvrir la bouteille, histoire de confirmer ce que l’on lit dans les livres : «le muscadet est un vin qui se boit jeune.» A température ambiante, dans un gobelet en plastique, je me verse une rasade de «Mus», La vie était en train de me donner une leçon « Ne juge pas avant d’avoir goûté ! » Un nez élégant d’arômes musqués (c’est du Muscadet ), de caramel au beurre salé, de vanille avec une légère pointe d’oxydation, un nez de grand Bourgogne (le Melon de Bourgogne, le cépage du muscadet fut introduit en 1635 dans le pays Nantais). En bouche, une attaque ronde et ample et une longueur moyenne, l’acidité qu’il faut pour maintenir un équilibre harmonieux. Les Magnums de 1971 étaient de la même trempe, avec un peu plus de vivacité et de fraicheur.

Il n’y a pas de petites ou grandes régions viticoles. Il y a des petites et des grandes bouteilles. Depuis, je goûte et je cause ensuite… Yec’hed mat

Ch. B


Le sommelier a toujours raison !!


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.